Poèmes primés 2017 : 1er prix

Toi

Toi le fougueux Sisyphe étranger sur la terre
Qui roules ton rocher absurde et solitaire …
Toi qui vis dans un monde où tout te semble vain
Un monde sans saveur comme un pain sans levain …
Toi qui cherches l’amour dans les yeux d’une femme
Qui veux donner un sens aux élans de ton âme…
Toi qui n’as pas choisi entre doute et désir
Qui voudrais tout lâcher qui voudrais tout saisir …
Toi qui dois malgré tout adopter l’attitude
De l’homme résigné devant sa servitude…
Je sais ton mal de vivre et ta soif de savoir
Et c’est pourquoi ce soir j’ai voulu te revoir …

Je ne te dirai pas le bonheur de ce monde
Mais je te parlerai du soleil et de l’onde
De l’odeur de la terre aux aurores d’été
De ce rire d’enfant d’où jaillit la clarté …
Oui je te parlerai de tout ce qui parfume
Du givre sur la branche et du canal qui fume
Je te raconterai la douceur d’un baiser
La couleur de l’azur sous le ciel embrasé …
Et puis ce concerto émouvant et superbe
Qui rend l’homme serein et met l’espoir en herbe
Et qui vient apaiser le cœur l’âme et le corps
Quand la nuit doucement estompe les décors …

Jean-Paul SILVANO

 

Le bonheur en héritage

J’ai pris ta main comme une fleur
Qui viendrait juste d’éclore
Et j’en garderai la senteur
Secrètement jusqu’à l’aurore …

J’ai pris ta bouche comme un fruit
Qu’on cueillerait dans la campagne
Et le printemps qui me sourit
Dans ce long baiser m’accompagne…

J’ai pris ton corps comme une vague
Qui déferlerait sur mon corps
Et tandis que mon coeur divague
J’oublie le monde et ses décors…

Et nous vivons alors ensemble
Un tendre et merveilleux partage
Avec nos rêves qui vont l’amble
Et le bonheur en héritage …

Jean-Paul SILVANO

J’aurais longtemps cherché

J’aurais longtemps cherché les mots pour te le dire
Cet espoir qui respire au cœur de la maison
Que chaque retrouvaille et chaque éclat de rire
Ont rendu plus profond de saison en saison…

J’aurais longtemps cherché les gestes qu’il faut faire
Pour donner à l’instant sa raison d’exister
Et laisser au bonheur la place qu’il espère
Quand le soir nous invite à la sérénité…

J’aurais longtemps cherché les chemins qu’il faut prendre
Pour faire de demain tout un ravissement
Et de l’aube câline où tu sauras m’attendre
Un havre de tendresse et d’éblouissement…

J’aurais longtemps cherché comme le « Bateau ivre »
Le port où l’on accoste un beau jour de printemps
Dans les parfums de menthe et la douceur de vivre
Pour forger un amour à l’épreuve du temps…

Jean-Paul SILVANO

Il nous faudra longtemps

Il nous faudra longtemps pour convaincre le monde
Que le mal est profond et qu’il poursuit sa ronde
Insensible au malheur qui s’abattra demain
Sur le règne animal et sur le genre humain…
Il nous faudra longtemps pour sauver cette terre
Pour que ce chant d’espoir soit l’écho salutaire
Qui puisse résonner en chaque être ici-bas
Afin qu’il ne soit pas le dernier des combats…
Il nous faudra longtemps pour qu’enfin ce message
Rende l’homme plus humble et surtout bien plus sage
Pour que vivent en paix la fleur et l’arbrisseau
La mer et la forêt la plage et le ruisseau…

Parce que nos enfants en guise d’héritage
N’auraient que les débris de ce triste naufrage
Parce que nous vivons au milieu du danger
Auquel nul d’entre nous ne peut être étranger…
Parce qu’à l’horizon un drame se dessine
Que c’est le bonheur même ainsi qu’on assassine
Parce que la nature est mère de beauté
Qui donne à l’univers toute sa dignité…
Il faudra que longtemps nous nous battions encore
Pour que sur la planète une sublime aurore
Eclaire de nouveau le cœur de nos maisons
Et rende leur splendeur aux futures saisons …

Jean-Paul SILVANO

Posted by on 11 Déc, 2017 in Poème primé | 0 comments

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