Poèmes primés 2017 : 3ème prix

Eveil amoureux

A travers les volets, un rayon de soleil
Se glisse pour venir colorer de vermeil
Ton sourire épanoui sur le coin de ta bouche.
Au réveil du matin, quand bourdonne la mouche,
Ton regard de tendresse annonce le baiser
Et promet la caresse à mon corps apaisé.

Le geste de ta main conjugue la luxure
D’une chair qui se donne à l’âme la plus pure.
Les courbes de ton corps dessinent l’horizon
Que ma main peut toucher au sein de la maison.
Qu’elle soit allumée ou qu’elle soit éteinte,
La lumière en nos cœurs éclaire notre étreinte.

Il n’est rien de plus saint que ce divin péché
Auquel nous succombons au lever, au coucher
Et j’ose proclamer : « Ce n’est pas un blasphème
De s’unir dans la chair du moment que l’on s’aime »

Jean-Baptiste BERNARD

Evasion

Le vert du feuillage
Eclate d’un rire de jeunesse
Sur le bleu tendre du ciel
Et s’élève des roses
Un parfum de velours

Le matin glisse sans bruit
Je quitte la maison
Où mes désirs sont captifs
Pour respirer la joie
Au milieu des champs

J’écoute le rire des pierres
Sur les lèvres du chemin
Je croque à belles dents
La chair du jour

Sous un ciel comblé
De nuages folâtres
Qui broutent la colline
La surface de l’étang
Reflète la paix
Des eaux profondes

Jean-Baptiste BERNARD

Eté

Un rayon de soleil
Et l’été revient
Avec ses cohues de couleurs
Le chemin se glisse entrer les buissons
Tandis que des grappes d’oiseaux
Mûrissent sur les branches
Et que les fleurs neigent sur les haies

L’été nous rassasie d’odeurs
Et de couleurs qui chatoient
Dans l’herbe grasse des prairies
Où se lève une aube de lait
Sur la rousseur des bovins
A l’ombre de l’arbre
Qui tressaille sous son écorce

Blanc visage du jour
Le vent dévale la pente
Et notre visage jaillit
Dans un cantique de lumière

Le soleil engrosse la terre féconde
De fruits d’oiseaux
De fleurs hautes comme des arbustes
Où la moindre goutte de rosée
Enfante tout un arc-en-ciel

Le vent du large soulève ta robe
Son souffle humide baigne ton corps
Et ton visage rit comme une fleur
Tu prêtes la couleur de tes yeux
A la vague qui s’en empare à jamais
Et tu laisses tes rêves voguer
Au gré des flots vers des îles
Que tu imagines derrière l’horizon
Le soir tombe sur nous comme un caillou.

Jean-Baptiste BERNARD

Espoir

Dans cet univers en attente
Je peins de la lumière
Sur l’ombre du mur
Des papillons sur les fleurs
Du jardin abandonné
Des vagues sur le fleuve asséché
Des flammes dans le foyer éteint
Des épis de blé ou de riz
Sur le sable des déserts
Et des étoiles sur les cailloux

Je peins le ciel d’un bleu plus pur
La rivière d’un vert d’eau plus claire
Et le soir en rouge
Pour égayer le paysage

Je peins des feuilles
Sur les arbres morts
De la joie sur les matins gris
Et les jours de pluie
Des messages d’amour
Sur les vents soufflant du Nord
Et des sourires retrouvés
Sur les lèvres blessées
Des filles violentées

Je peins sur les vitres
La vision de l’espace à conquérir
Et l’espoir de rebâtir
Sur les ruines des villes.

Jean-Baptiste BERNARD

Posted by on 11 Déc, 2017 in Poème primé | 0 comments

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