La résistance pluriséculaire opposée par les membres du clergé catholique à l’interdiction d’exercer la pharmacie comme s’ils étaient pharmaciens
Pierre Labrude
La vocation charitable de l’Église catholique la conduit depuis des siècles à porter secours aux malades et aux indigents. A l’époque des monastères, le frère infirmier, qui est également médecin, pharmacien et herboriste de la communauté, exerce aussi son activité au profit des habitants du voisinage. Plus tard, dans les villes et dans les campagnes, les prêtres et les religieuses, en particulier celles des hôpitaux et des maisons de charité, préparent des médicaments. Certains sont vendus à la population de la ville et du village. Cette pratique est pourtant interdite, mais cette interdiction n’est pas respectée. Les prêtres ne tiennent pas compte des interdits pour des raisons philosophiques tandis que les religieuses ont besoin des revenus apportés par ces ventes pour faire fonctionner leurs maisons hospitalières. Au XIXe siècle, lorsque les médecins et les pharmaciens se défendent contre ces exercices illicites et concurrents, les procès n’ont que peu de portée en raison de l’imprécision des textes et des variations de la jurisprudence. Les sœurs détiennent presque partout la responsabilité des pharmacies des hôpitaux, et les textes relatifs à la présence d’un pharmacien diplômé ne sont pas suivis par les commissions administratives pour des raisons financières. Ce n’est qu’au XXe siècle que la législation et la règlementa.on définissent avec précision la nature juridique du médicament cependant qu’une loi sur la pharmacie se substitue en 1941 à celle qui avait cours depuis 1803. Ces textes, auxquels s’ajoutent une plus grande difficulté qu’auparavant à faire de la publicité en faveur du médicament, et une plus grande surveillance des exercices professionnels par les autorités administratives, finissent par mettre un terme à cet exercice pharmaceutique pluriséculaire, controversé et illicite.
Proposition d’illustration : une publicité du XXe siècle en faveur des médicaments de l’Abbé Chaupitre. Photographie P. Labrude.Conférence P. Labrude mars 2026Télécharger
Pierre Labrude
La vocation charitable de l’Église catholique la conduit depuis des siècles à porter secours aux malades et aux indigents. A l’époque des monastères, le frère infirmier, qui est également médecin, pharmacien et herboriste de la communauté, exerce aussi son activité au profit des habitants du voisinage. Plus tard, dans les villes et dans les campagnes, les prêtres et les religieuses, en particulier celles des hôpitaux et des maisons de charité, préparent des médicaments. Certains sont vendus à la population de la ville et du village. Cette pratique est pourtant interdite, mais cette interdiction n’est pas respectée. Les prêtres ne tiennent pas compte des interdits pour des raisons philosophiques tandis que les religieuses ont besoin des revenus apportés par ces ventes pour faire fonctionner leurs maisons hospitalières. Au XIXe siècle, lorsque les médecins et les pharmaciens se défendent contre ces exercices illicites et concurrents, les procès n’ont que peu de portée en raison de l’imprécision des textes et des variations de la jurisprudence. Les sœurs détiennent presque partout la responsabilité des pharmacies des hôpitaux, et les textes relatifs à la présence d’un pharmacien diplômé ne sont pas suivis par les commissions administratives pour des raisons financières. Ce n’est qu’au XXe siècle que la législation et la règlementa.on définissent avec précision la nature juridique du médicament cependant qu’une loi sur la pharmacie se substitue en 1941 à celle qui avait cours depuis 1803. Ces textes, auxquels s’ajoutent une plus grande difficulté qu’auparavant à faire de la publicité en faveur du médicament, et une plus grande surveillance des exercices professionnels par les autorités administratives, finissent par mettre un terme à cet exercice pharmaceutique pluriséculaire, controversé et illicite.
Proposition d’illustration : une publicité du XXe siècle en faveur des médicaments de l’Abbé Chaupitre. Photographie P. Labrude.Conférence P. Labrude mars 2026Télécharger
