Conférence du 4 mars 2026
Pierre Labrude
La vocation charitable de l’Église catholique la conduit depuis des siècles à porter secours aux malades et aux indigents. A l’époque des monastères, le frère infirmier, qui est également médecin, pharmacien et herboriste de la communauté, exerce aussi son activité au profit des habitants du voisinage. Plus tard, dans les villes et dans les campagnes, les prêtres et les religieuses, en particulier celles des hôpitaux et des maisons de charité, préparent des médicaments. Certains sont vendus à la population de la ville et du village. Cette pratique est pourtant interdite, mais cette interdiction n’est pas respectée. Les prêtres ne tiennent pas compte des interdits pour des raisons philosophiques tandis que les religieuses ont besoin des revenus apportés par ces ventes pour faire fonctionner leurs maisons hospitalières. Au XIXe siècle, lorsque les médecins et les pharmaciens se défendent contre ces exercices illicites et concurrents, les procès n’ont que peu de portée en raison de l’imprécision des textes et des variations de la jurisprudence. Les sœurs détiennent presque partout la responsabilité des pharmacies des hôpitaux, et les textes relatifs à la présence d’un pharmacien diplômé ne sont pas suivis par les commissions administratives pour des raisons financières. Ce n’est qu’au XXe siècle que la législation et la règlementa.on définissent avec précision la nature juridique du médicament cependant qu’une loi sur la pharmacie se substitue en 1941 à celle qui avait cours depuis 1803. Ces textes, auxquels s’ajoutent une plus grande difficulté qu’auparavant à faire de la publicité en faveur du médicament, et une plus grande surveillance des exercices professionnels par les autorités administratives, finissent par mettre un terme à cet exercice pharmaceutique pluriséculaire, controversé et illicite.
Proposition d’illustration : une publicité du XXe siècle en faveur des médicaments de l’Abbé Chaupitre. Photographie P. Labrude.Conférence P. Labrude mars 2026Télécharger

Conférence du mercredi 4 février 2026

LE TOURISME EN HAUTE-SAVOIE
D’APRÈS LES GUIDES DE VOYAGE
Conférence de Jacques PERRET
Mercredi 4 février 2026 – 18H – Espace Yvette Martinet – 74 ANNECY
Le tourisme en Haute-Savoie est né à Chamonix au milieu du XVIIIe siècle. Les premiers guides de voyage ont concerné cette vallée, qui est rapidement devenue célèbre dans toute l’Europe et a connu une fréquentation croissante. Durant toute la première moitié du XIXe siècle, l’excursion à Chamonix a été rattachée aux guides de voyage décrivant la Suisse, tels que les guides Murray en Angleterre, les guides Baedeker en Allemagne et les guides Joanne en France. La seconde moitié du XIXe siècle voit l’émergence de guides touristiques concernant d’autres sites de la Haute-Savoie, avec la vogue croissante des stations thermales et l’attrait touristique de la vallée de Sixt ou de la région d’Annecy ; c’est aussi à cette période qu’apparaissent les premiers guides destinés aux alpinistes. Toutes ces publications ont exercé une influence déterminante sur la fréquentation touristique de la Haute-Savoie jusqu’au début du XXe siècle.
Jacques PERRET, vice-président de l’académie du Faucigny et membre associé de l’Académie florimontane et de l’académie de Savoie, est un spécialiste des livres et gravures sur la montagne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages : Guide des livres sur la montagne et l’alpinisme (1997, réédition en 2022), Regards sur les Alpes (2011), Le Mont-Blanc vu par les peintres (2016), Mont-Blanc, le regard des peintres (2025), et de nombreux articles et publications sur ces sujets.

Conférence du mercredi 7 janvier 2026

Espace Yvette Martinet à Annecy – 18h
Conférencier : Stéphan DÉGEORGES
« La référence en architecture »
L’architecture est une discipline dont l’expertise s’acquiert par un cheminement long conduisant de la formation initiale vers un enrichissement permanent offert par l’exercice régulier de la pratique.
Cependant, vivre l’architecture ne doit exiger aucun pré requis. Nous sommes tous légitimes à apprécier les espaces, les ambiances, les qualités des lieux selon nos propres sensibilités. Chacun dispose intrinsèquement de son propre système de référence qui, par essence, est justement fondé.
L’architecture concerne, de fait, de la même manière, les spécialistes comme les néophytes. Sur quelles bases s’établissent alors les termes d’une culture partagée entre les penseurs et les usagers des édifices et de la ville ? C’est-ce que nous allons tenter de découvrir maintenant.
Présentation de Stéphan Dégeorges
Directeur du CAUE d’Annecy depuis 2023
Diplômé architecte en 2008
Précédemment responsable du pôle Architecture, Villes et Territoires, il développait et animait le réseau des Architectes-conseils sur l’ensemble du département de la Haute-Savoie. Sa fonction consistait, par ailleurs, à proposer des actions de sensibilisation et de formation à l’intention des architectes, des élus et des techniciens des collectivités locales sur les thématiques de l’aménagement du territoire, de l’architecture et du paysage.
Par ailleurs, il est responsable légal du projet VADEME qui vise à développer des innovations par l’intermédiaire des projets collaboratifs entre partenaires publics et privés.
Conférence du 3 décembre 2025

Académie florimontane
Conférence du mercredi 3 décembre 2025
Salle Yvette Martinet à Annecy – 18 H
Cette conférence est reportée au mercredi 14 janvier 2026 à 18h, salle de la Résistance, Maison Aussedat, 7 rue de la Providence, Annecy
Conférencier : Thierry d’ASNIERES DE VEIGY
Sujet : Blasons et armoiries en Savoie
Le conférencier propose, dans un premier temps, de rappeler la genèse de l’Armorial et Nobiliaire de l’Ancien Duché de Savoie, commencé par le Comte A. de Foras, et continué au XXIe siècle par lui-même et les deux coauteurs, Damien Greyfié de Bellecombe et Christian Regat. Il poursuivra avec un rappel des notices généalogiques et héraldiques qui sont parues dans le Volume I de la Continuation de l’Armorial de Savoie, puis un rappel de celles parues dans le volume II et il nous fera découvrir, en avant première, quelques notices du Volume III dont la parution est programmée pour l’automne 2026.
Le conférencier proposera ensuite de nous faire découvrir un ensemble d’armoriaux manuscrits inconnus du grand public, provenant entre-autre de deux bibliothèques royales, et terminera avec la projection d’une multitude de blasons et armoiries savoyards glanés lors de visites dans les châteaux de Savoie et de Haute Savoie à travers les sceaux, les parchemins, les pierres et bois sculptés, la vaisselle et l’argenterie, la peinture etc…
Bonnes découvertes !

Conférence du mercredi 5 novembre 2025

Académie florimontane
Conférence du mercredi 5 novembre 2025
Salle Yvette Martinet à Annecy – 18 H
Conférencier : Yoann Guillet
LE COLLÈGE CHAPPUISIEN – 1549-1754
Fondé au milieu du XVIe siècle, le collège chappuisien nous a légué une documentation abondante conservée aux archives municipales d’Annecy. À défaut de traces monumentales, les témoignages écrits laissés par cette institution forment pour les historiens une source de tout premier ordre. Mais les archives n’ont pas seulement le caractère « historique » que leur prêtent les chercheurs et les érudits locaux. Elles répondent à une utilité immédiate pour leur producteur. Aussi, les administrateurs et les enseignants de la fondation chappuisienne ont, très tôt, revêtu la tunique de l’historien. Cette vaste entreprise de réécriture de l’histoire n’est pas anodine et soulève immanquablement une difficulté : peut-on faire l’histoire de cet établissement scolaire ? C’est par cette question abrupte qu’on pourrait résumer l’orientation générale de notre présentation.

Conférence du 1er octobre 2025
Espace Yvette Martinet à 18 heures
« Les peintres du lac d’Annecy de 1800 à 1950
Un musée idéal
A travers une sélection d’une centaine d’œuvres Alain Bexon présentera un choix d’artistes qui ont été subjugués par les paysages du lac d’Annecy.
De Prosper Dunant (1790-1878) à Louis-Eugène Glasser (1897-1986), les œuvres de Firmin Salabert, d’Albert Besnard, d’André Charles Coppier, de Marcel Rieder et de bien d’autres égayent encore les pupilles contemporaines de leurs dessins, de leurs atmosphères, de leurs lumières et de leurs couleurs.
Le Conférencier
Alain Bexon, Annécien, membre effectif de l’Académie florimontane, est un descendant du peintre et architecte annécien Prosper Dunant.
Très jeune, son grand-père Jean Balleydier lui a fait découvrir le fond d’atelier de Prosper Dunant, c’est comme cela qu’est née sa passion pour la peinture de paysage et plus particulièrement pour la représentation des paysages de Savoie.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la peinture alpine et a été commissaire de plusieurs expositions sur ce thème.
« Annecy et Le Bourget, lacs romantiques peints et dessinés par Prosper Dunant (1790-1878) » Ed. Itinera Alpina, 1998
« Les peintres et les Alpes. Du pittoresque au sublime » – collection « Les patrimoines » Ed. Le Dauphiné Libéré, 1999
« Annecy & la Savoie par un élève d’Ingres, Firmin Salabert (1811-1895) ». Paysages de Savoie et portraits. Ed. Itinera Alpina, 1999
Le lac d’Annecy par les peintres du XVe au XXe s. » Ed. Itinera Alpina, 2003
« Un peintre chez les chasseurs alpins », Pierre Comba 1859-1934 Ed. Itinera Alpina, 2006
« Souvenirs d’Annecy écrivains et peintres » Editions Itinera Alpina 2008, Etc.

Conférence du mercredi 7 mai 2025
/Conférence du mercredi 7 mai 2025
Salle Yvette Martinet – 74 ANNECY
Conférencière : Suzanne Mouchet
WILLIAM TURNER, LES ALPES ET LE SUBLIME
Ce peintre britannique romanesque et haut en couleur, Joseph Mallord William Turner (1775-1851) s’est adonné à la peinture de paysage tout au long de sa carrière, d’abord inspiré par les peintres paysagistes classiques.
Grand voyageur il a parcouru toute l’Europe pour s’enrichir d’expériences multiples et variées des paysages et des phénomènes atmosphériques qu’il capture sur le motif. Ce grand peintre de la lumière, aquarelliste et de la peinture à l’huile, réussit à travers des tableaux fascinants, à représenter de façon amplifiée et exaltée, des évènements déchaînés arrivés en montagne, à la fois météorologiques, politiques et symboliques, où la lumière révèle un spectacle grandiose qui crève les nuages menaçants à la manière d’un vortex. A travers le pouvoir suggestif de la couleur, il a traduit les aspects des forces de la nature qui procurent des sensations fulgurantes marquant les esprits des spectateurs. Cette nouvelle conception de la beauté basée sur un sentiment d’admiration et de crainte : cette « beauté effrayante » créée une émotion contradictoire qui relève de la théorie philosophique du SUBLIME.
Conférence du 11 juin 2025 -18H – Montrottier
Conférence du 11 juin 2025
Château de Montrottier – 18 H
Derrière les murs les vestiges du clos savoyard dans les faubourgs d’Annecy
Pare-chocs contre pare-chocs, que ce soit pour la montée ou la descente, tous ceux qui empruntent l’avenue du Trésum aux heures de pointe savent que le temps d’attente sera long. Annecy, ville lac, ne dispose pas d’axes permettant le tour complet de son agglomération pour fluidifier la circulation dans cette partie sud-est. La route des Trésums ou du Trésum, son quartier sont la porte d’entrée de la rive gauche. Christian REGAT et Arnaud PERTUISET dans leur publication sur le palais épiscopal d’Annecy en donnent une définition[1]. Il est souvent admis qu’au sud du château d’Annecy, hors les murs, convergeaient trois chemins, l’intersection étant dénommée tréson. « Charles-Auguste de Sales donna une pieuse interprétation au mot tréson… Lorsqu’il s’installa définitivement dans son château en 1656, il choisit de la faire en la fête de la Sainte-Trinité sous la protection de laquelle il plaça la demeure. Au-dessus des portes il avait fait mettre l’inscription Tres in Unum qui devint l’étymologie officielle de Trésum »[2]. De plus, nombre d’érudits indiquent aussi que le mot Tresun est souvent mal orthographié Tresum ou Tresums. À côté de ce château un patrimoine rural, religieux, hospitalier et militaire densifie le coteau. L’édification du Grand Séminaire, entre1684-1688, participe au morcellement de cet espace à la faveur des jardins. Du point de vue strictement paysager, la forme dominante était celle de l’enclos étagé. Composé de murs de soutènement ou de clôtures, ces jardins faits de vignes ou de vergers ou de potagers enserrent des édifices qui sont autant de marqueurs dans la silhouette urbaine d’Annecy. Un réseau de venelles ou de chemins vicinaux irriguent les grands parcs. Ce principe de la terrasse arborée perdure jusqu’à la moitié du XXème siècle. Le clos savoyard et ses articulations paysagères resteront le fil rouge de cette présentation proposée autour du Grand Séminaire qui a fait l’objet d’un inventaire du patrimoine.
Conférence animée par :
Samir Mahfoudi, chercheur en inventaire du patrimoine bâti au service archéologie et patrimoine bâti du Département de la Haute-Savoie
[1] REGAT Christian, PERTUISET Arnaud, Le palais épiscopal d’Annecy, Société des amis du vieil Annecy, 2011, p. 49-50.
[2]Idem, p. 50.

Conférence du mercredi 2 avril 2025
Académie Florimontane
Conférence du mercredi 2 avril 2025
Salle Yvette Martinet à Annecy – 18 heures
Conférencier : Christian Regat
L’étrange histoire du château des Avenières
Le château des Avenières a été construit de 1907 à 1913 dans une clairière du Salève pour une riche Américaine nommée Mary Schillito. Lorsqu’elle épousa Assan Dina, descendant des maharajas de Lahore, celui-ci transforma le château en une demeure ésotérique, ornant la chapelle de mosaïques illustrant les cartes du tarot. Il aménagea une ferme modèle, apporta l’eau aux hameaux qui en étaient dépourvus, construisit une centrale sur les Usses pour électrifier le canton de Cruseilles, et ouvrit une route de 25 km à travers le Salève.
Première femme membre d’honneur de l’Académie Florimontane, Mary Schillito fut ruinée par le krach qui secoua la bourse de New York en 1929 et dut revendre son château en 1936. Pendant la guerre, il accueillit des enfants juifs sous l’égide de la Croix rouge suisse, puis devint un collège à la montagne. Finalement, après avoir appartenu à un architecte qui rêvait de créer une ville dans le Salève, il est devenu le cadre incomparable d’un luxueux hôtel.
