Conférence du mercredi 2 avril 2025

Académie Florimontane

Conférence du mercredi 2 avril 2025

Salle Yvette Martinet à Annecy – 18 heures

Conférencier : Christian Regat

L’étrange histoire du château des Avenières

Le château des Avenières a été construit de 1907 à 1913 dans une clairière du Salève pour une riche Américaine nommée Mary Schillito. Lorsqu’elle épousa Assan Dina, descendant des maharajas de Lahore, celui-ci transforma le château en une demeure ésotérique, ornant la chapelle de mosaïques illustrant les cartes du tarot. Il aménagea une ferme modèle, apporta l’eau aux hameaux qui en étaient dépourvus, construisit une centrale sur les Usses pour électrifier le canton de Cruseilles, et ouvrit une route de 25 km à travers le Salève.

Première femme membre d’honneur de l’Académie Florimontane, Mary Schillito fut ruinée par le krach qui secoua la bourse de New York en 1929 et dut revendre son château en 1936. Pendant la guerre, il accueillit des enfants juifs sous l’égide de la Croix rouge suisse, puis devint un collège à la montagne. Finalement, après avoir appartenu à un architecte qui rêvait de créer une ville dans le Salève, il est devenu le cadre incomparable d’un luxueux hôtel. 

Conférence du 5 mars 2025

L’heureuse rencontre entre art et science autour du Mont-Blanc – Robert Moutard

De la fin du Moyen Âge au dernier tiers du XIXe siècle, les glaciers du Mont Blanc sont parvenus au contact des lieux habités dans les vallées chamoniardes. Dernier soubresaut des glaciations qu’a connues notre planète, bien dérisoire en regard de celles qui l’ont précédé mais spectaculaire pour les populations qui en furent contemporaines, cet épisode fut appelé le « Petit Âge de Glace ». Sans les œuvres des peintres témoins de cette séquence climatique, les paysages qui en résultaient seraient restés méconnus. Ces artistes ont en effet permis de gagner plusieurs décennies sur la mise en œuvre de la photographie, pour saisir à temps des images de ce phénomène, devenues de très précieux témoignages picturaux. Ainsi, leurs œuvres joignent à des qualités esthétiques intrinsèques une réelle portée scientifique renseignant sur l’évolution de l’englacement alpin à l’échelle historique. Participant du changement de la perception du monde de la montagne, ils ont aussi assuré auprès d’une élite internationale la notoriété touristique des pays du Mont Blanc. Turner, Linck, Birmann et Viollet-Leduc ne sont que les plus célèbres parmi les nombreux artistes ayant contribué à ce legs patrimonial somptueux.

Conférence du mercredi 5 février 2025

Jean-Yves JULLIARD,

Les écoles de hameau en Savoie au XIXe siècle :

une illustration de l’investissement éducatif des communautés alpines

Le tissu scolaire de l’ancien duché de Savoie se caractérise au XIXe siècle par sa remarquable densité, elle-même due à une large dissémination des écoles de hameau dans les territoires de montagne. Ce phénomène, amorcé à la fin de l’Ancien Régime et qui s’est particulièrement développé dans la première moitié du siècle, résulte notamment de la dispersion de l’habitat, de la volonté des communautés migrantes d’instruire leur jeunesse et, pour cela, de se donner la capacité de rémunérer quelques-uns de leurs membres en tant que maîtres et maîtresses d’écoles, le plus souvent au moyen de fondations scolaires. Quand bien même ces « petites écoles » ont le plus souvent enseigné les rudiments du lire, écrire et compter, elles ont grandement contribué à la scolarisation et à l’alphabétisation des jeunes savoyards. Alors que ce tissu scolaire éclaté a été conforté par l’administration sarde, après 1860 l’administration française n’a pu que le prendre en compte tout en s’employant à le rationnaliser de manière à l’insérer au mieux dans le système scolaire national.

Une école de montagne : la classe de garçons à Aillon-le-Jeune en 1888

(Département de la Savoie, Archives départementales, T1266)

Conférence du mercredi 8 janvier 2025

Conférence du mercredi 8 janvier 2025

Le regard porté sur les patrimoines ordinaires de la montagne est souvent perçu comme une forme de nostalgie, distante des préoccupations contemporaines d’un territoire particulièrement dynamique. L’architecture vernaculaire est cependant riche d’enseignements. Son observation attentive renseigne sur l’intérêt d’une culture construitive locale qui s’est forgée progressivement et qui témoigne d’une intelligence humaine remarquable.


Les défis du monde nous obligent à poursuivre notre effort d’adaptation aux éléments et à la topographie. Voyons-en quoi les patrimoines de montagne nous proposent une leçon pertinente pour faire face aux besoins actuels de ménagement de notre espace habité.

Vous retrouverez toutes les conférences 2024 sur La Revue savoisienne,

n° 164 / 2024

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