Le président Antoine Favre Conférencier : Laurent PERRILLAT
Mercredi 1er avril 2026, Espace Yvette Martinet à Annecy – 18h
Antoine Favre (1557-1624) est sans doute le plus fameux jurisconsulte des anciens États de Savoie. On découvrira dans cette conférence son parcours hors normes, qui l’a mené jusqu’aux plus hauts postes de la magistrature, sous le règne de Charles-Emmanuel 1er, son œuvre juridique, dont le monument le plus important est le Code Fabrien, et aussi ses publications littéraires, en latin et en français. Sa renommée s’étend bien au-delà de la Savoie puisqu’il a profondément marqué le renouveau des études juridiques et que son code a été utilisé jusqu’au XIXe siècle. Contemporain et ami de de saint François de Sales, il a participé à la création de la première Académie florimontane.
Laurent Perrillat Archiviste paléographe Docteur en histoire de l’université de Paris-Sorbonne Président de l’Académie salésienne – Conservateur en chef des bibliothèques
La résistance pluriséculaire opposée par les membres du clergé catholique à l’interdiction d’exercer la pharmacie comme s’ils étaient pharmaciens Conférence de Pierre Labrude
La vocation charitable de l’Église catholique la conduit depuis des siècles à porter secours aux malades et aux indigents. À l’époque des monastères, le frère infirmier, qui est également médecin, pharmacien et herboriste de la communauté, exerce aussi son activité au profit des habitants du voisinage. Plus tard, dans les villes et dans les campagnes, les prêtres et les religieuses, en particulier celles des hôpitaux et des maisons de charité, préparent des médicaments. Certains sont vendus à la population de la ville et du village. Cette pratique est pourtant interdite, mais cette interdiction n’est pas respectée. Les prêtres ne tiennent pas compte des interdits pour des raisons philosophiques tandis que les religieuses ont besoin des revenus apportés par ces ventes pour faire fonctionner leurs maisons hospitalières. Au XIXe siècle, lorsque les médecins et les pharmaciens se défendent contre ces exercices illicites et concurrents, les procès n’ont que peu de portée en raison de l’imprécision des textes et des variations de la jurisprudence. Les sœurs détiennent presque partout la responsabilité des pharmacies des hôpitaux, et les textes relatifs à la présence d’un pharmacien diplômé ne sont pas suivis par les commissions administratives pour des raisons financières. Ce n’est qu’au XXe siècle que la législation et la règlementa.on définissent avec précision la nature juridique du médicament cependant qu’une loi sur la pharmacie se substitue en 1941 à celle qui avait cours depuis 1803. Ces textes, auxquels s’ajoutent une plus grande difficulté qu’auparavant à faire de la publicité en faveur du médicament, et une plus grande surveillance des exercices professionnels par les autorités administratives, finissent par mettre un terme à cet exercice pharmaceutique pluriséculaire, controversé et illicite.
L’Académie florimontane est partenaire du festival d’écriture Entre pages et plumes qui aura lieu à Veyrier-du-Lac les 7 et 8 mars 2026.
Organisé par l’association « Les Evénements Littéraires de Veyrier », ce festival dont l’entrée est libre et sans inscription propose à tous un week-end riche en rencontres, échanges et animations autour du livre et de l’écriture.
Au programme : tables rondes sur l’édition et la narration historique, lectures pour enfants, atelier d’écriture, grande dictée intergénérationnelle et lectures musicales. Le samedi verra également la remise des prix du concours de nouvelles. Auteurs, autrices et professionnels du livre seront présents tout au long du week-end pour rencontrer le public.
À noter la présence d’auteurs membres de l’Académie florimontane : Aurore Dandoy, Paul Refauvelet, Gilles Degenève, Olivier Labasse et André Pallatier.
Le tourisme en Haute-Savoie est né à Chamonix au milieu du XVIIIe siècle. Les premiers guides de voyage ont concerné cette vallée, qui est rapidement devenue célèbre dans toute l’Europe et a connu une fréquentation croissante. Durant toute la première moitié du XIXe siècle, l’excursion à Chamonix a été rattachée aux guides de voyage décrivant la Suisse, tels que les guides Murray en Angleterre, les guides Baedeker en Allemagne et les guides Joanne en France. La seconde moitié du XIXe siècle voit l’émergence de guides touristiques concernant d’autres sites de la Haute-Savoie, avec la vogue croissante des stations thermales et l’attrait touristique de la vallée de Sixt ou de la région d’Annecy ; c’est aussi à cette période qu’apparaissent les premiers guides destinés aux alpinistes. Toutes ces publications ont exercé une influence déterminante sur la fréquentation touristique de la Haute-Savoie jusqu’au début du XXe siècle.
Jacques PERRET, vice-président de l’académie du Faucigny et membre associé de l’Académie florimontane et de l’académie de Savoie, est un spécialiste des livres et gravures sur la montagne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages : Guide des livres sur la montagne et l’alpinisme (1997, réédition en 2022), Regards sur les Alpes (2011), Le Mont-Blanc vu par les peintres (2016), Mont-Blanc, le regard des peintres (2025), et de nombreux articles et publications sur ces sujets.
Espace Yvette Martinet à Annecy – 18h Conférencier : Stéphan DÉGEORGES « La référence en architecture »
L’architecture est une discipline dont l’expertise s’acquiert par un cheminement long conduisant de la formation initiale vers un enrichissement permanent offert par l’exercice régulier de la pratique.
Cependant, vivre l’architecture ne doit exiger aucun pré requis. Nous sommes tous légitimes à apprécier les espaces, les ambiances, les qualités des lieux selon nos propres sensibilités. Chacun dispose intrinsèquement de son propre système de référence qui, par essence, est justement fondé.
L’architecture concerne, de fait, de la même manière, les spécialistes comme les néophytes. Sur quelles bases s’établissent alors les termes d’une culture partagée entre les penseurs et les usagers des édifices et de la ville ? C’est-ce que nous allons tenter de découvrir maintenant.
Présentation de Stéphan Dégeorges
Directeur du CAUE d’Annecy depuis 2023
Diplômé architecte en 2008
Précédemment responsable du pôle Architecture, Villes et Territoires, il développait et animait le réseau des Architectes-conseils sur l’ensemble du département de la Haute-Savoie. Sa fonction consistait, par ailleurs, à proposer des actions de sensibilisation et de formation à l’intention des architectes, des élus et des techniciens des collectivités locales sur les thématiques de l’aménagement du territoire, de l’architecture et du paysage.
Par ailleurs, il est responsable légal du projet VADEME qui vise à développer des innovations par l’intermédiaire des projets collaboratifs entre partenaires publics et privés.
Cette conférence est reportée au mercredi 14 janvier 2026 à 18h, salle de la Résistance, Maison Aussedat, 7 rue de la Providence, Annecy
Conférencier : Thierry d’ASNIERES DE VEIGY
Sujet : Blasons et armoiries en Savoie
Le conférencier propose, dans un premier temps, de rappeler la genèse de l’Armorial et Nobiliaire de l’Ancien Duché de Savoie, commencé par le Comte A. de Foras, et continué au XXIe siècle par lui-même et les deux coauteurs, Damien Greyfié de Bellecombe et Christian Regat. Il poursuivra avec un rappel des notices généalogiques et héraldiques qui sont parues dans le Volume I de la Continuation de l’Armorial de Savoie, puis un rappel de celles parues dans le volume II et il nous fera découvrir, en avant première, quelques notices du Volume III dont la parution est programmée pour l’automne 2026.
Le conférencier proposera ensuite de nous faire découvrir un ensemble d’armoriaux manuscrits inconnus du grand public, provenant entre-autre de deux bibliothèques royales, et terminera avec la projection d’une multitude de blasons et armoiries savoyards glanés lors de visites dans les châteaux de Savoie et de Haute Savoie à travers les sceaux, les parchemins, les pierres et bois sculptés, la vaisselle et l’argenterie, la peinture etc…
L’académie accueille des étudiants en Master Patrimoine de l’Université Savoie Mont Blanc qui ont comme projet collectif, l’étude de l’Académie florimontane depuis 1851.
Cette étude comprendra plusieurs axes :
Étude prosopographique des académiciens.
Étude de la vie de l’Académie florimontane.
Analyse des thèmes étudiés par l’Académie florimontane.
Histoire et analyse du patrimoine de l’Académie.
Comparaison de l’Académie florimontane avec d’autres académies ou sociétés savantes.
Ces grands axes seront affinés et déclinés en sous-thèmes.
Les étudiants soutiendront leur mémoire en juin 2027, ils rédigeront un travail qui comprendra un volet d’étude scientifique et un volet valorisation qui consistera à élaborer une exposition sur L’Académie florimontane.
Fondé au milieu du XVIe siècle, le collège chappuisien nous a légué une documentation abondante conservée aux archives municipales d’Annecy. À défaut de traces monumentales, les témoignages écrits laissés par cette institution forment pour les historiens une source de tout premier ordre. Mais les archives n’ont pas seulement le caractère « historique » que leur prêtent les chercheurs et les érudits locaux. Elles répondent à une utilité immédiate pour leur producteur. Aussi, les administrateurs et les enseignants de la fondation chappuisienne ont, très tôt, revêtu la tunique de l’historien. Cette vaste entreprise de réécriture de l’histoire n’est pas anodine et soulève immanquablement une difficulté : peut-on faire l’histoire de cet établissement scolaire ? C’est par cette question abrupte qu’on pourrait résumer l’orientation générale de notre présentation.
C’est sous la conduite de Laurie Tremblay Cormier, responsable des collections archéologiques des musées d’Annecy, qu’un groupe d’une trentaine de personnes de l’Académie florimontane, a découvert cette exposition très intéressante qui bénéficie d’une scénographie très graphique.
À Annecy une nécropole située sur l’avenue des romains a été fouillée en 2014 et 2016 par l’institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP).
La présence d’objets de fabrication germanique et l’étude des restes humains ont permis de la rattacher à l’installation des Burgondes sur leur terre d’accueil, la Sapaudia.
Bijoux, accessoires vestimentaires, armes, objets de la vie quotidienne, plus de 300 objets illustrent le dynamisme de leur royaume et ses interactions avec les autres puissances européennes, Romains, Francs, Huns.
Une période méconnue, une histoire complexe et riche, une vraie découverte pour beaucoup d’entre nous !